Personnes présentes :
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Nathalie FOURNIER (Doyen de la faculté LESLA) ;
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Corinne MÉRIC (Chef des services administratifs et financier) ;
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Marie VIEL (Licence 3) ;
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Stéphanie MAILLARD (Capes) ;
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Guillaume DOURY (Licence 3) ;
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Nicolas NEBOUT (Licence 3) ;
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Guillaume JANIN (Master 2).
Objet de la réunion : clarification des récentes « rumeurs » qui mobilisent le département Musique et Musicologie.
Sur proposition des étudiants, Madame le Doyen introduit l’entretien par un bilan de la situation actuelle.
Le département Musique et Musicologie étant le plus petit de la faculté en termes d’étudiants, il possède peu d’espace en terme de moyens, n’ayant pas la
possibilité de jouer avec les dotations. Une autre difficulté, partagée avec le département ASIE réside dans les enseignements de pratique (formation musicale, harmonie au clavier etc.), auxquels
sont ajoutés les enseignements de formations disciplinaires très poussés, notamment les concours qui sont déficitaires. Le problème des choix en Licence 3, qui sera développé plus tard, est
mentionné, en particulier vis-à-vis de la maquette. Madame Fournier s’est déclarée consciente des problèmes du département, ainsi que de la cohérence des étudiants autour de leurs enseignements
et de leurs enseignants. Après avoir évoqué la grande mutualisation qui régit l’université, Madame le Doyen explique que cette année la difficulté vient d’un déficit du département Musique -
c’est-à-dire que les charges sont supérieures aux moyens. Ceci touche par ailleurs toute la faculté : l’Université ne lui a pas accordé cette année de rallonge, même s’il devrait y avoir un
réajustement de la dotation en janvier pour notre département. Après calcul en juin 2007 charges/moyens, il est apparu un déficit de 800 heures, hors concours. Madame Fournier ne se reconnaît pas
qualifiée pour juger de ce qui est important pour le département, mais un plan de réduction a été accepté puis mis en route par le Conseil de Fac en définissant les priorités. La décision n’a
donc pas été arbitraire mais discutée et négociée.
Suite à ce bilan administratif, nous avons posé différentes questions à Madame le Doyen.
Concernant la dotation IUFM pour les concours : une dotation de fonctionnement est reversée par l’IUFM à l’Université, qui mutualise ensuite vers les
différentes filières. Elle est estimée à 250 euros par étudiants, 1500 € de fonctionnement pour le département. Tout cela reste assez flou, Madame le Doyen n’en sait pas beaucoup plus quant au
circuit obscur de la mutualisation, et la question de la redistribution équitable de cette dotation au sein de l’Université reste entière… Une revalorisation apparaît d’ailleurs à tous légitime.
Les concours étant communs l’an prochain avec Lyon 3, Madame Fournier évoque cette idée pour la Musique en partenariat avec l’ENS…
Les négociations entre le département et la faculté posent problème : les représentantes de l’administration restent vagues et s’avèrent incapables de
dire exactement quelles étaient les propositions du département. Après quelques échanges de négociations, le département ayant beaucoup consulté de manière démocratique, Madame le Doyen « a
tranché », la situation lui paraissant acceptable.
Elle ne peut également pas s’engager pour l’année prochaine, et laisse supposer une nouvelle vague de restriction. Mesdames Fournier et Méric rappellent
qu’elles n’ont cessé de se battre et de réclamer des moyens pour le département, obtenant auprès de Gilbert Puech l’informatique musicale au semestre 2 (réclamé en premier lieu par les
professeurs du département).
Les cours d’acousmatique et de sociologie ne seront pas assurés au semestre 6, car ils sont pris en charge par des vacataires,
n’étant pas sûrs d’être payés. Pourtant ils ne sont pas supprimés : ces options sont en effet susceptibles d’être ouvertes ou non, puisqu’elles sont présentes sur la maquette. Se pose alors
l’épineux problème des options de Licence 3 : il n’y a de la place que pour une option, alors que 10 sont proposées aux étudiants. Le choix s’en trouve indéniablement appauvri, voire
annihilé. Madame le Doyen propose de répartir ces options sur les deux semestres, et même sur le Master, afin qu’elles soient nourris. Elle se trouve démunie lorsque nous expliquons que tous les
étudiants ne souhaitent pas forcément aller en Master, ou bien qu’il est parfois essentiel de suivre une option en Licence 3 pour rentrer dans certaines écoles etc. et se défend en invoquant son
incapacité à deviner ; le vague reste de rigueur… Elle confirme par ailleurs que le cours d’ethnomusicologie aura bien lieu.
Madame Fournier refuse de s’engager concernant les vacataires et se décharge sur le département pour connaître la liste des vacations. Sous prétexte qu’ils
possèdent un autre emploi, il semble que la précarité de leur statut s’en trouverait justifiée…
Après que nous ayons rappelé les véritables soucis des étudiants à propos de l’enseignement qui leur ait dispensé, nous insistons sur un point
récurrent : les étudiants arrivent à accepter les conditions de travail, si la formation proposée est cohérente avec leurs attentes, quitte à travailler sur des pianos désaccordés… Madame le
Doyen, tout en s’accordant sur la vétusté des locaux, rappelle alors nos privilèges : notre situation sur les quais en centre ville, et l’exclusivité des salles pour le département. Ceci
nous permet de faire « notre cuisine horaire ». Les deux représentantes de l’administration insistent sur leurs efforts de longue haleine aux maigres résultats : demande auprès du
secrétaire général pour la salle des clés (mais un expert a déclaré nos locaux non insalubres), couloir du sous-sol repeint, ou consécration de la salle 1 pour les cours de pratiques collectives.
La faculté des lettres n’est apparemment pas la mieux traitée aux dires de Madame Fournier, si l’on considère la récente réfection de locaux au sein de l’Université. Pour information, les pianos
sont accordés deux fois par an…
L’entretien revient alors sur l’aspect pédagogique du débat. Nous l’interpellons sur la nécessité du choix et de la diversité des enseignements, qui pousse
les nouveaux bacheliers à intégrer telle ou telle fac. La réponse se fait attendre, et on nous engage à discuter entre étudiants des options ou types de formations qui paraissent prioritaires.
Plus loin encore, il faudrait réfléchir à davantage flécher les parcours et pourquoi pas spécialiser le département : attirer les étudiants pour ne pas les décevoir après, en quelque sorte…
Après la restriction de cette année, il nous est rappelé que la qualité de l’enseignement n’est pas touchée, et qu’il n’y a pas d’amoindrissement horaire pour les étudiants. Dans le cas du cours
de sociologie, on nous dit qu’il n’est pas prévu sur la maquette, ce que cette dernière s’empressera de démentir, document en main… Les étudiants ayant choisis une des options supprimées devront
se rabattre sur une autre option, rattraper leur retard dans cette option (Madame le Doyen rappelant que nous sommes dans une logique de semestre), un nouveau contrat pédagogique leur sera par
conséquent remis. Jusqu’à présent la diversité était financée, mais maintenant il apparaît que ce n’est plus le cas… La nouvelle dotation de l’année prochaine dépendra du nombre
d’étudiants ; encore une fois aucune promesse n’est faîte pour l’an prochain, et la politique actuelle semble appelée sans grande surprise à se pérenniser.
Madame Fournier estime alors que la question essentielle est de connaître la raison pour laquelle les étudiants du département ont choisi cette faculté
plutôt qu’une autre : nous répondons tous que la diversité et la qualité de la formation était notre principale motivation. Cela permet dès lors de s’orienter de manière optimale. Il nous
est rappelé que la réalité financière régit notre monde et que ce n’est plus possible… Et les excellents résultats du département aux concours ? Aucune réponse à cette preuve irréfutable de
la qualité de notre enseignement actuel. Nous insistons alors sur le cercle vicieux qui s’installera[it] : une restriction des moyens financiers engendrera une baisse de la qualité de la
formation, qui attirera dès lors moins d’étudiants, ayant pour conséquence la baisse des dotations calculées sur le nombre d’étudiants etc. Madame le Doyen reste campée sur son point de vue
rappelant qu’il n’est pas possible de tout avoir, que nous ne sommes pas les seuls, et aucun dialogue n’apparaît possible.
Nous retentons de sensibiliser Madame Fournier aux spécificités du département et aux nécessités de l’enseignement, mais on nous martèle encore une fois que
les étudiants n’ont pas d’heures de supprimées dans leur formation et qu’il y a eu une véritable désinformation. On nous incite à « ouvrir nos professeurs au dialogue ». Il serait
important de reconsidérer la place des vacataires, mais sur le problème principal de la dotation, on nous rappelle que la situation n’est pas catastrophique.
Au sujet des groupes bientôt en sureffectif, Madame le Doyen n’apporte aucune réponse claire, ne se basant que sur des chiffres, et ne comprenant pas la
nature de nos cours, compare nos enseignements de technique comme l’écriture, où l’interaction entre le professeur et l’élève est primordiale, aux exposés en Lettres où le professeur écoute
l’élève. Il est intéressant de constater en outre qu’aucun cours à l’Université à l’exception des TICE, n’est considéré comme un atelier.
Madame le Doyen maintient qu’elle ne reviendra pas sur ses décisions pour cette année, et nous accuse de discréditer la formation de manière suicidaire –
nous avons le tort de diffuser des informations « alarmistes » – tandis qu’elle, au contraire, défend ardemment la musicologie. C’est par ailleurs à nous qu’il est imposé de trouver des
solutions : mutualiser entre les niveaux etc.
Nous expliquons ensuite le principe démocratique (terme réfuté par Madame le Doyen) de l’Université pour tous, même des personnes n’ayant jamais fait de
musique auparavant ou très peu en institution : cela paraît à Mesdames Fournier et Méric tout à fait invraisemblable et extravagant ! Cette dernière confesse que si ses enfants
actuellement au lycée souhaitaient aller en Musique, elle serait paniquée et ne verrait cette formation que comme un complément de culture personnelle. Tout ne paraît pas essentiel dans nos
enseignements à leurs yeux, et Madame le Doyen nous ramène à discuter avec nos enseignants à ce sujet, tout en suggérant une interchangeabilité des professeurs : là encore c’est au
département de réfléchir à cela, au lieu de s’acharner sur notre dévouée Madame Fournier. Celle-ci nous invite à la négociation, très contradictoire (encore !) alors qu’elle déclare ne pas
vouloir revenir sur ses décisions.
À propos de l’Université, il nous est dit que le budget a légèrement diminué, le plan quadriennal a augmenté, mais des choix sont faits par la Présidence
quant à la répartition des crédits.
Un bref résumé de l’entretien est enfin présenté par Madame le Doyen : la nécessité des vacataires en tant que professeurs de terrain, l’importance des
cours de technique, et la préservation de la spécificité de l’enseignement, notamment la diversité proposée aux étudiants.
Madame le Doyen ne souhaite pas rédiger de compte-rendu et semble donc implicitement en accord avec ce qui a été retranscrit ci-dessus.